Turon de la Técouère

19-06-2018

Jean Pierre, Brigitte et Jean Pierre, Christiane et Jean Paul.

Dénivelée : 383m

Distance : 11,400km

Total : 5H27

Temps nuageux avec quelques éclaircies.

Carte du Parc National des Pyrénées n°1 : Aspe - Ossau

Les repères de type (TL01) renvoient au tableau de coordonnées GPS

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Jean Pierre Guyon

Jean Pierre, "inventeur" des arenaygues.

Nous quittons Bardos à 8H30, et partons par Bidache pour retrouver Brigitte et Jean Pierre qui nous attendent à 9H00 à Sauveterre. Nous poursuivons par Oloron pour rejoindre Arudy où nous prenons Jean Pierre au passage.

En nous engageant dans la vallée d'Ossau, nous avons la surprise de découvrir la merveilleuse silhouette du Pic du Midi d'Ossau qui trône au fond de la vallée. La partie sommitale est encore bien enneigée, alors que nous sommes dans la seconde quinzaine du mois de juin...

Nous passons à Bielle où nous tournons à droite en direction du col de Marie Blanque.

Au-dessus du village de Bilhères, nous stationnons à côté de la chapelle de Houndas.

- 10H31 - 808m (TL01) Nous démarrons de la chapelle de Houndas en prenant le chemin balisé en jaune qui part vers le Nord. Ce chemin franchit immédiatement un ruisseau, et nous trouvons de l'Épiaire des bois, du Géranium herbe à Robert et des Cirses des marais.

La chapelle de Houndas

- 10H33 - 809m (TL02) Un panneau nous indique que nous sommes sur le GRP du Tour de la Vallée d'Ossau, et sur le circuit des cercles de pierres. Nous ne prenons pas le sentier de droite qui est une variante, mais nous continuons en face.

Un panneau nous indique que nous sommes sur le GRP du Tour de la Vallée d'Ossau, et sur le circuit des cercles de pierres.

Les Églantiers sont en fleur, mais aussi l'Euphorbe des bois, le Trèfle des prés et le Trèfle blanc, la Véronique petit-chêne, le Polygala des Alpes et le Polygala chevelu, la Renoncule rampante, les Stellaires à feuilles de graminée, les Pâquerettes et la Brunelle commune. En nous retournant, nous découvrons le sommet du Lauriolle qui est en train de sortir des nuages. Nous voyons également les Gabizos, l'arête de Pène Medaa, l'Arre Sourins et le Pic de Ger.

Le Lauriolle

Les Gabizos et le Pic de GerL'arête de Pène Medaa, l'Arre Sourins et le Pic de Ger.

- 10H50 - 853m (TL03) Nous rejoignons une piste carrossable balisée en rouge et jaune que nous empruntons en continuant à monter en face (Nord-est). Nous trouvons maintenant de l'Érine, de l'Hélianthème des Apennins, des Globulaires ponctuées, du Lotier corniculé, du Serpolet, une Ancolie solitaire, du Compagnon rouge et de très nombreux pieds de Grassette, mais qui ne sont pas en fleurs.

- 11H01 - 900m (TL04) Un panneau nous indique que le circuit des cercles de pierres se poursuit en face (nous le suivons). La flore se renouvelle sans cesse : Chardon décapité, Hellébore vert, Piloselle, Géranium à feuilles molles et Vesce des haies.

La vallée d'Ossau

- 11H13 - 935m (TL05) Nous quittons la piste carrossable pour emprunter le chemin herbeux qui monte sur la gauche, toujours en direction des cercles de pierres... Nous remarquons une belle fleur d'Épiaire officinale.

Les deux Jean Pierre

- 11H17 - 960m (TL06) Alors que le GRP du Tour de la Vallée d'Ossau part sur la droite, nous quittons le large chemin pour nous engager sur un petit sentier qui s'immisce dans les fougères sur notre gauche. Parvenant sur la croupe, nous avons un beau point de vue sur Bilhères avec le Lauriolle en arrière-plan.

Nous quittons le large chemin pour nous engager sur un petit sentier qui s'immisce dans les fougères sur notre gauche

- 11H20 - 968m (TL07) Nous voici sur le site des fameux cercles de pierres annoncés depuis le départ. Il s'agit des cromlechs de Lous Couraous. Nous avons le plaisir d'admirer 13 cromlechs, qui ont été implantés (comme très souvent) dans un site bénéficiant d'un superbe point de vue.

Nous voici sur le site des fameux cercles de pierres annoncés depuis le départ. Il s'agit des cromlechs de Lous Couraous.Les cromlechs de Lous Couraous.

Les cromlechs de Lous Couraous.Les cromlechs de Lous Couraous.Les cromlechs de Lous Couraous.

La vallée d'OssauBilhères

Nous remarquons que certains pieds de Cirse des marais ont des fleurs blanches, ce que nous ne pensons pas avoir eu l'occasion de constater jusqu'à ce jour...

Cirse des marais avec une fleur blanche...

Nous prenons le temps d' observer les cromlechs un à un, et c'est l'un des derniers (TL08) en partant vers l'Ouest qui nous semble le plus beau...

Les cromlechs de Lous Couraous.Les cromlechs de Lous Couraous.

Nous descendons vers l'Ouest en rejoignant la piste herbeuse.

- 11H39 - 956m (TL09) Le sentier pénètre dans un bois de noisetiers. Il n'est pas étonnant d'y trouver un sol glissant et même boueux, compte-tenu de l'hiver et du printemps particulièrement arrosés que nous venons de subir... Nous trouvons du Lamier maculé, des Stellaires holostées, de la Lysimaque des bois et du Saxifrage hirsute. Nous voyons très bien la pyramide vert clair du Turon de la Técouère qui se détache très nettement en-dessous du vert sombre de la forêt, légèrement à gauche du col de Marie Blanque.

Le sentier pénètre dans un bois de noisetiers.Le sentier pénètre dans un bois de noisetiers.Nous voyons très bien la pyramide vert clair du Turon de la Técouère qui se détache très nettement en-dessous du vert sombre de la forêt, légèrement à gauche du col de Marie Blanque.

- 11H46 - 935m (TL10) Nous traversons un petit ruisseau : l'Arrioubeigt.

- 11H48 - 940m (TL11) À la sortie de la forêt, un panneau nous indique de tourner à droite (Boucle de Lazerque).

- 11H53 - 958m (TL12) Une pierre portant quelques marques semble plantée dans le sol. Jean Pierre nous raconte qu'elle est au cœur d'une polémique entre scientifiques : les uns affirment que ces traces sont naturelles alors que les autres pensent qu'elles ont été gravées par l'homme... Mais tournant le dos à cet objet de discussion, Jean Pierre s'engage sur une sente au milieu des orties située côté Sud du chemin, sans pour autant nous dévoiler sa motivation...

Une pierre qui alimente les polémiques...

- 11H58 - 953m (TL13) Une dizaine de mètres en-dessous de la ligne de crête, sur le versant Sud, Jean Pierre nous fait découvrir une nouvelle pierre qui se trouve au milieu des fougères. Il nous explique qu'il s'agit d'un des plus beaux affûtoirs que l'on puisse découvrir en vallée d'Ossau. Effectivement, nous voyons quelques rainures caractéristiques sur la face supérieure de la pierre. Mais Jean Pierre enlève quelques cailloux sur la face Ouest de la pierre, et nous fait découvrir une série de traces d'affûtage exceptionnelle.

A la recherche d'un affûtoir...Un affûtoir...Un affûtoir...

Un affûtoir...Un affûtoir...Un affûtoir...

Nous revenons au chemin principal, pour descendre vers l'Ouest.

- 12H12 - 920m (TL14) Alors que nous poursuivons toujours dans la même direction, Christiane nous fait remarquer la présence de la Douce-amère.

- 12H19 - 922m (TL15) La sente est maintenant très bien marquée.

- 12H27 - 920m (TL16) Une petite borne en bois matérialise le balisage d'un itinéraire de VTT.

- 12H31 - 894m (TL17) Une sente nous rejoint par la gauche, et nous continuons en face.

- 12H38 - 880m (TL18) Nous rejoignons la D294, et nous la suivons vers l'Ouest pour traverser le Plateau de Roland. Il est agréable d'entendre carillonner les sonnailles des nombreux troupeaux de vaches qui paissent ici dans un véritable paradis pour le bétail.

Arrivée au plateau de RolandPlateau de RolandLe bonheur est dans le pré...

- 12H43 - 879m (TL19) Nous laissons la D294 qui tourne à gauche en direction du col de Marie Blanque, pour emprunter la piste en face en direction du Plateau de la Técouère.

Nous empruntons la piste en face en direction du Plateau de la Técouère.

- 12H44 - 878m (TL20) À partir du petit pont qui enjambe l'Arrec d'Ezau, la circulation des véhicules non-autorisés est interdite. Quelques chevaux s'intéressent à notre passage. Nous observons la présence de Gaillet jaune, de Campanules étalées et de la Knautie des champs. Mes compagnons qui m'avaient devancé, sont en arrêt devant une superbe fleur de couleur pourpre foncé : il s'agit du Géranium livide.

Quelques chevaux s'intéressent à notre passage.

Le Géranium livide

- 13H05 - 885m (TL21) Nous nous asseyons pour manger sur la margelle d'un petit pont qui se trouve juste avant l'abreuvoir de Latécouère. En face de nous, le Turon de Latécouère présente une forme conique qui pourrait faire penser à un petit volcan... Jean Pierre nous indique qu'il y a de la Lherzolite à l'intérieur de ce petit sommet dont la morphologie est caractéristique des sites où on trouve ce type de roche. La Lherzolite est une roche particulièrement rare à la surface de la terre, car elle se trouve en général dans le manteau supérieur de la croûte terrestre, c'est à dire entre 30 et 70 km de profondeur, mais parfois même jusqu'à 700km sous la surface ! Elle est remontée en surface à la faveur de mouvements tectoniques entre les plaques d'Europe et d'Ibérie, il y a entre 50 et 100 millions d'années. On la trouve aussi non loin d'ici, sur le site de Moncaut à Louvie-Juzon. Le projet de son exploitation sur un terrain privé appartenant à la commune de Bruges (site classé Natura 2000), a déclenché une vive polémique en 2009-2010. On peut dans tous les cas remarquer que ce toponyme signifie en béarnais "Mont chaud", ce qui correspond effectivement à un phénomène éruptif lié à la présence de cette roche. En simplifiant les choses à leur maximum, nous escaladerons donc aujourd'hui le Turon de la Técouère qui pourrait être considéré comme un volcan !

Nous nous asseyons pour manger sur la margelle d'un petit pont qui se trouve juste avant l'abreuvoir de Latécouère.Le Turon de Latécouère

- 13H36 Laissant les filles se reposer, nous traversons le plateau plus ou moins marécageux, direction Sud-ouest pour franchir un petit pont sur l'Arriou Tort (885m (TL22)), avant de tourner à droite pour rejoindre le pied du Turon (côté Sud).

- 13H46 - 904m (TL23) Nous traversons un ruisseau à gué, remarquant au passage la présence de Cresson des chamois.

- 13H48 - 911m (TL24) Nous nous engageons sur une sente bien marquée (mais abîmée par le passage des troupeaux de vaches), qui va nous permettre de monter en écharpe sur le versant Est du Turon de la Técouère.

- 13H52 - 932m (TL25) La sente vire à gauche et la pente s'accentue.

- 13H56 - 956m (TL26) Nous avons déjà un très beau point de vue sur le plateau du Bénou.

- 14H01 - 988m (TL27) Nous rejoignons une croupe que nous allons remonter vers l'Ouest en direction du sommet. Alors que mes compagnons montent comme des chèvres, je n'hésite pas à me baisser pour profiter du délicieux parfum des Gymnadénias à long éperon.

- 14H08 - 1031m (TL28) La sente devient un peu plus nette, et je vois les deux Jean Pierre qui me font signe depuis l'avant-sommet qu'ils ont déjà atteint...

Les deux Jean Pierre me font signe depuis l'avant-sommet qu'ils ont déjà atteint...

- 14H13 - 1060m (TL29) Je rejoins mes compagnons sur l'avant-sommet qui nous offre une superbe vue dégagée sur le site du Bénou. Nous voyons le plateau de Castet en face de nous à l'Est, mais hélas les sommets sont emprisonnés dans une épaisse couche de nuages. Jean Pierre (mon frère) me fait remarquer la présence de quelques pieds de Silènes enflés. Nous avançons encore vers l'Ouest en nous faufilant dans la végétation, en cherchant nos appuis sur quelques blocs de rochers moussus.

Vue dégagée sur le site du Bénou

- 14H16 - 1067m (TL30) Nous atteignons le sommet du Touron de la Técouère, qui nous offre une vue assez limitée sur le col de Marie Blanque. Nous aurions bien aimé voir le Pic des Escurets (au Nord-nord-ouest), mais la couverture nuageuse nous en empêche.

- 14H36 - 904m (TL23) Nous retraversons le ruisseau au pied du Turon, et nous sommes assez étonné de voir un héron cendré qui se pose dans la zone marécageuse du plateau.

Nous retraversons le ruisseau au pied du TuronUn héron cendré

- 14H44 - 885m (TL22) Nous rejoignons Brigitte et Christiane qui nous ont sagement attendus, et nous prenons le chemin qui part sur la droite en direction d'un portail métallique.

Turon de la Técouère

- 14H46 - 887m (TL31) Nous franchissons le portail pour nous engager sur un joli chemin au bord duquel nous trouvons encore de très nombreuses fleurs : Bugle pyramidale, Orchis de Fuchs, Orchis à fleurs lâches (qui est déjà fané), Renouée Bistorte, Petit Rhinanthe, Géranium à feuilles rondes et Lychnis fleur de coucou.

- 14H58 - 880m (TL32) Lorsque nous rejoignons la D294, nous constatons que le chemin en face est trop boueux, nous préférons donc tourner à gauche pour suivre la route. C'est l'occasion de rencontrer la Julienne des dames, le Pigamon à feuilles d'Ancolie et quelques magnifiques Raiponces ovales.

- 15H12 - 879m (TL19) Nous repassons au virage de la D294, laissant sur notre gauche la piste que nous avons empruntée ce matin, pour suivre la route sur notre droite.

- 15H19 - 882m (TL33) En arrivant au col de Porteigt, nous prenons le chemin carrossable qui descend sur la droite.

En arrivant au col de Porteigt, nous prenons le chemin carrossable qui descend sur la droite.

- 15H29 - 849m (TL34) Nous franchissons un gué.

Nous franchissons un gué.

- 15H31 - 848m (TL35) Nous franchissons un second gué pour continuer à avancer sur une belle pelouse qui se prolonge au creux d'un magnifique vallon.

- 15H35 - 849m (TL36) Alors que le vallon oblique vers la droite, Jean Pierre monte sur la gauche hors sentier...

- 15H36 - 857m (TL37) Jean Pierre s'arrête pour nous montrer à ses pieds, un bloc de rocher de forme plus ou moins triangulaire. Il nous explique que c'est le glacier qui occupait la vallée il y a environ 20 000 ans qui a transporté ce bloc depuis le secteur du lac d'Er. Il nous fait alors découvrir des arenaygues qui affleurent à la surface... Jean Pierre a répertorié une trentaine de blocs erratiques sur lesquels il a observé le même phénomène, dans le secteur du Bénou.

Jean Pierre s'arête pour nous montrer à ses pieds, un bloc de rocher de forme plus ou moins triangulaire.Bloc erratiqueJean Pierre s'arête pour nous montrer à ses pieds, un bloc de rocher de forme plus ou moins triangulaire.

Ces étranges "fleurs de pierre" ont précisément été découvertes à proximité du lac d'Er en 1990 par Jean Pierre Dugène (mon frère ici présent), et il nous les avait montrées à cette époque, en pensant qu'il s'agissait de fossiles marins... Au fil de ses investigations, ces supposés fossiles se transformèrent en "volcans de sable", des structures circulaires très particulières, connues des géologues depuis le XIXème siècle, comme il en a été trouvées en Australie, au Canada et en Islande... L'eau emprisonnée sous des couches de sable et d'argile a subi un phénomène de surrection lié à des surpressions provenant de mouvements tectoniques tels que des séismes, fréquents dans le secteur. Les Arenaygues du lac d'Er sont considérées comme les spécimens les plus caractéristiques et les mieux conservés dans le monde. La dénomination "Arenaygue" a été composée à partir du mot latin "arena" qui signifie sable, et "aygue" qui signifie l'eau en béarnais. La référence au cirque d'Ayguebère n'est pas non plus étrangère au choix de cette appellation par Jean Pierre, à qui il faut associer Dominique Rossier, qui a été chargé de réaliser les études scientifiques liées à l'identification de ce phénomène.

ArenayguesArenaygues

ArenayguesArenaygues

- 15H46 - 850m (TL38) Au carrefour de pistes de Baymouras, nous tournons à gauche et trouvons pour notre plus grand plaisir, un magnifique spécimen d'Erodium de Manescaut. Nous en avions également vu beaucoup sur le bord de la route en montant en voiture, au niveau du village de Bilhères. Cette plante est une endémique des Pyrénées occidentales, on peut la trouver depuis la Haute Soule jusqu'à Cauterets. Nous trouvons aussi des Fraisiers sauvages (avec des fraises) et des Chardons bleus.

Le carrefour de pistes de BaymourasL'érodium de Manescaut

- 15H57  - 825m (TL39) Nous voici de retour au parking où nous avions laissée la voiture, au terme d'une randonnée riche en découvertes. Nous avons été enchantés de partager une nouvelle fois les connaissances approfondies de mon frère Jean Pierre, pour qui aucun détail de la vallée d'Ossau ne peut échapper...

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