Senj - Pag - Nin - Zadar - Lac Vransko - Archipel des Kornati

Samedi 13 septembre 2025

Nous prenons la route dès 8H00 pour revenir sur le continent en franchissant le pont de Krk, un spectaculaire ouvrage en béton armé de 1,430km de long. La plus longue des deux arches de ce pont est la troisième plus longue arche en béton au monde et la plus longue hors de Chine. Le pont de Krk a été achevé et inauguré en juillet 1980 et s’appelait initialement pont Tito en hommage au président yougoslave décédé deux mois auparavant. Il a depuis été rebaptisé pont de Krk ou "Krčki most" comme on peut le lire sur les cartes.

Nous descendons ensuite vers le Sud par une splendide route qui longe les canaux de Vinodol et de Velebitski : des bras de mer du golfe du Kvarner, séparant le continent de l'île de Krk, puis de l'île de Rab plus au Sud. Nous sommes surpris par l'aspect minéral que présente l'île de Krk sur notre droite.

Il est 9H50 lorsque nous stationnons au pied de la citadelle de Senj. Nous montons par un petit sentier jusqu'à la citadelle, et nous découvrons ainsi une fleur que nous n'avions jamais observée : la Centaurée brûlée.

Centaurée brûléeCentaurée brûlée

Déjà, lorsque que nous arrivons au pied de la forteresse médiévale, le point de vue est splendide.

La forteresse Nehaj a été construite par l'armée croate sous la direction du capitaine Ivan Lenkovic, en 1558, avec les pierres des églises et des monastères de la cité. Depuis le sommet de la colline Trbušnjak, elle était parfaitement située pour défendre la ville de Senj contre les Ottomans et les Vénitiens .

 Construite sur la base d'un plan carré, la forteresse est munie de tours en encorbellement à chacun de ses angles, qui lui confèrent un aspect particulièrement imposant.

La forteresse Nehaj

En visitant l'intérieur, nous pouvons voir une collection de blasons, armoiries, armes, parures, costumes et objets usuels racontant l’histoire des vaillants guerriers qui ont occupé les lieux : les fameux Uskoks, des guerriers résistant aux forces ottomanes.

Lorsque nous arrivons au sommet, nous découvrons un panorama absolument splendide sur la côte, les îles et la ville de Senj.

Senj, vue de la citadelleSenj, vue de la citadelle

Nous reprenons la route vers 10H30 en continuant à longer la côte vers le Sud, en profitant d'un paysage magnifique.

Nous embarquons sur un ferry à Gradina, pour rejoindre l'île de Pag.

Ferry à GradinaFerry à Gradina

Ferry à GradinaFerry à Gradina

L'arrivée sur l'île de Pag est très surprenante, car nous avons l'impression d'accoster dans le désert marocain ! Mesurant 60km de long pour plus de 300km de superficie, c’est la 5ème plus grande île de Croatie, mais aussi une des plus désertiques...

Île de PagÎle de Pag

Nous prenons la direction de Pag, et nous nous arrêtons à 13H00 pour manger sur un des rares parkings possibles le long de la route (44°31'26.4'' Nord - 14°55'43.5'' Est). De nombreux équipages nous rejoignent sur ce parking, un peu perdu au milieu de nulle part...

En faisant un petit tour à proximité de notre point de stationnement, je découvre la présence de plusieurs pieds de Concombre d'âne... Cette plante est remarquable par le mode de dispersion de ses graines. Le fruit est littéralement « sous pression » (6 bars, soit nettement plus qu'un pneu de voiture), de telle sorte que l'ouverture provoquée par le détachement du fragile pédoncule provoque une puissante explosion qui permet la projection des graines à plusieurs mètres. Certaines sources donnent les valeurs suivantes : projection jusqu'à 12 mètres, à une vitesse de 10 mètres par seconde ! Cette particularité lui vaut de posséder également d'autres patronymes très imagés tels que Cornichon sauteur, Concombre du diable ou Concombre explosif... Son nom latin "Ecballium" vient du grec "ekbalein": "je lance au dehors"...

Concombre d'âne

Nous faisons halte dans une fromagerie pour acheter du vin et du fromage.

Le vin, Boškinac Reful que nous avons choisi en particulier en raison de sa belle étiquette, s'est révélé ultérieurement excellent à la dégustation. Composé de trois cépages : merlot, cabernet sauvignon et syrah, il présente des arômes fruités, avec des notes de poivre, une minéralité marquée et des tanins agréables.

Quant au fromage "Paški sir", un fromage à pâte dure au lait de brebis, c'est le plus célèbre fromage artisanal croate. Il est protégé à l'échelle européenne par une appellation d'origine protégée depuis 2019.

Sur l'île de Pag, la production de ce fromage est une tradition qui dure depuis des siècles. Au cours de l'hiver, de nombreuses tempêtes ont lieu, salant ainsi l'herbe que mangent les brebis. De surcroît, la végétation sur l'île est très peu variée, seules certaines herbes aromatiques sont présentes, en particulier la Sauge et la Marjolaine. De cette manière, les brebis qui se nourrissent de cette maigre végétation, donnent un lait qui permet de faire un fromage, affiné entre 2 et 18 mois, au goût particulier.

Boškinac RefulPaški sir

Avant d'arriver à Pag, nous nous arrêtons sur le parking d'un belvédère qui nous offre un beau point de vue sur la cité, et ses salines, qui depuis des siècles ont contribué à la prospérité de l'île. Pag produit annuellement 33 000 tonnes de sel, soit près des 2/3 de la production croate.

PagPag ert ses salines

Nous arrivons à Pag vers 15H00, et nous partons à pied faire un tour en ville, avec l'espoir de trouver une pièce de dentelle artisanale. La pratique de la dentelle à l'aiguille est attestée depuis le milieu du XVème siècle à Pag. Le travail de ces dentellières était particulièrement apprécié à la cour d'Autriche, et par l'impératrice Marie Thérèse en particulier. Encore de nos jours, les femmes du village passent des heures à broder des motifs complexes au moyen de fils très fins, et cette pratique est inscrite au patrimoine de l'humanité par l'Unesco. La dentelle est réalisée sans aucun modèle. Les femmes apprennent en prenant exemple sur leurs mères et grand-mères, et ajoutent progressivement des petites touches personnelles. Nous passons justement devant une statue en bronze qui leur est dédiée...

DentellièreDentellière

Nous allons jusqu'à la grand-place où se trouve l'église de l’Assomption-de-la-Vierge, et nous avons la chance d'assister à la sortie d'un mariage. Nous remarquons que les invités sont habillés de façon particulièrement élégante. Un groupe de musiciens accompagne l'évènement, et un monsieur fait consciencieusement flotter le drapeau Croate sur le parvis de l'église.

Sortie de mariage devant l'église de PagSortie de mariage devant l'église de Pag

Nous pénétrons finalement dans une petite boutique où nous trouvons une dame âgée en train de faire de la dentelle. Nous lui achetons un petit napperon qu'elle nous certifie avoir réalisée elle-même...

Dentelle de Pag

Nous reprenons la route pour arriver à Nin vers 16H30, une petite citée implantée sur un îlot de seulement 500m de large. C'était pourtant la plus importante ville de Croatie au temps des Liburniens, la capitale des rois de Croatie aux IXème et Xème siècles, avant de subir les invasions aux XVIème et XVIIème.

Nous partons à pied en direction de l'église Sainte-Croix, mais nous faisons tout d'abord une halte au pied de l'imposante statue de Grégoire de Nin, qui fut évêque de Nin de 900 à 929. Il était le représentant de l’Église de Nin, ce qui signifiait à l’époque qu’il était également le représentant de toute l’Église croate. Grégoire de Nin se distingua en obtenant du pape, l'adoption de la langue croate dans la liturgie.

Toucher le gros orteil de la statue de Grégoire de Nin porterait chance, voila pourquoi le bronze est aussi brillant dans cette partie de son pied. Christiane ne manque pas de procéder à cette tradition...

Le pied de la statue de Grégoire de NinL'imposante statue de Grégoire de NinChristiane touche le pied de la statue de Grégoire de Nin

Nous visitons l’église Sainte-Croix qui se trouve juste à côté, et qui est considérée comme la plus petite cathédrale du monde : 7,80 m de long sur 7,60 m de large. Construite au IXème siècle, c'est l'église la plus ancienne de Croatie, et l'un des plus beaux exemples d'architecture paléochrétienne du pays. Elle fut le lieu de baptême des premiers rois croates. Mais, plus étonnant : cet édifice a aussi été conçu pour servir de cadran solaire et de calendrier. En effet, les rayons du soleil peuvent être observés dans l’église pendant les solstices d’été et d’hiver ainsi qu'aux équinoxes de printemps et d’automne... Nous avons la chance de la visiter seuls, et nous pouvons ainsi nous permettre de tester son admirable acoustique en chantant en basque un chant à la vierge : pur moment de bonheur que nous a probablement accordé l'évêque Grégoire..

L'église Sainte-Croix de NinL'église Sainte-Croix de NinL'église Sainte-Croix de Nin

Notre arrivée au camping de Zaton est un peu compliquée, car il n'est pas facile de trouver un emplacement accessible, compte tenu de la quantité d'arbres aux branches basses... Le site n'est pas vraiment adapté pour nos véhicules, mais grâce à la solidarité des équipages, nous arrivons tout de même à manœuvrer pour stationner de façon acceptable...

La pizza pas cuite, que nous ne pourrons même pas terminer le soir au restaurant du camping, ne nous permettra pas de lui rajouter une étoile...

Camping à Zaton

Dimanche 14 septembre 2025

Nous quittons le camping à 7H20, pour aller nous garer sur les quais à Zadar, avant qu'il n'y ait trop de monde... Nous ne sommes pas certains que la brochette de vingt camping-cars alignés au pied des murailles de fortification de la ville sera appréciée par tout le monde, mais aucun incident n'est venu perturber cette option de stationnement...

Zadar

Nous rejoignons "Marina", une excellente guide francophone, à 9H30 sur la place des 5 puits. Cette place se trouve au-dessus d'une immense citerne aménagée au XVIème siècle dans un ancien fossé de la muraille médiévale. Ces puits permettaient à la ville, lors des sièges menés par l’armée ottomane notamment, de subvenir à ses besoins en eau. Nous sommes également au pied de la tour du Capitaine, un bel ouvrage défensif du XIIIème siècle.

Zadar, place des 5 puits : tour du CapitaineZadar, place des 5 puitsZadar, place des 5 puits : tour du Capitaine

Marina commence pour nous résumer l'histoire mouvementée de la Croatie, avant de nous emmener voir la porte  de la Terre-Ferme, juste à côté du charmant petit port de Foša. Nous pouvons voir en haut de la porte, le Lion de Venise, placé au-dessus de la clé de voute où figure Saint-Chrysogone sur son cheval, emblème de Zadar.

Zadar : porte  de la Terre-Ferme, et le petit port de Foša

Nous passons au pied de la cathédrale Sainte-Anastasie qui fut édifiée au IVème siècle en lisière de l'antique forum. Sa façade de style roman est composée de trois portails surmontés de quatre étages d'arcatures aveugles, soutenues par de gracieuses colonnettes à la manière des églises de Toscane. La grande rosace date du XIIème siècle, mais celle de dessus est plus tardive (XIVème), et de style gothique. Sur le tympan du portail central, on peut observer une Vierge à l'enfant, entourée des Saint Chrysogone et de Sainte Anastasie.

Zadar : rosace de la cathédrale Sainte-AnastasieZadar : la cathédrale Sainte-AnastasieZadar : tympan du portail de la cathédrale Sainte-Anastasie

Juste à côté s'élève un immense campanile dont la base date du XVème, mais dont les étages supérieurs furent rajoutés à la fin du XIXème dans un style néo roman.

Zadar : campanileZadar : église Saint-Donat et campanile

Mais, l'église Saint-Donat, emblème de Zadar, qui se trouve juste à côté, attire particulièrement notre attention. De style préroman, elle date du début du IXème siècle. C'est l’un des édifices religieux les plus intéressants de Croatie, en particulier en raison de son plan circulaire qui révèle l'influence des premières églises carolingiennes et des sanctuaires byzantins. Marina nous fait remarquer qu'on peut nettement voir à sa base, des fragments de colonnes, frontons et corniches romaines, récupérés sur le forum pour réaliser les fondations.

Zadar : église Saint-Donat

Cette église sert maintenant de salle de concert. Hélas il y a beaucoup de monde qui fait la queue pour la visiter, et nous renonçons à y pénétrer pour tester son acoustique réputée comme nous l'avions espéré...

Nous terminons la visite par quelque chose que nous tenions absolument à voir, ou du moins à entendre : l'Orgue des mers. Il s'agit d'une œuvre d'art en forme d’escalier plongeant dans la mer, qui a été construite en 2005, et qui s'étend sur 75 mètres, avec 35 tuyaux. Ainsi, cette oeuvre associe l'architecture et la musique. Conçue par Nikola Bašić, elle est composée de tubes de polyuréthane situés sous le sol et qui produisent du son lorsque les vagues expulsent l'air des tubes. À chaque instant, on découvre une nouvelle symphonie qui change au gré des vagues. On dit que les souffles produits par le mouvement de la mer dans cet instrument particulier génèrent des notes semblables à des chants de chœurs traditionnels. Ces sons peuvent également ressembler à ceux des grosses cloches. Même lorsque les vagues ne déferlent pas sur la côte comme aujourd'hui, l’orgue produit des sons plus espacés, mais la mélodie reste agréable.

Nous allons également voir, juste à côté, la "Salutation au Soleil", une œuvre du même créateur. Il s’agit d'un ensemble de panneaux de verre placés au sol, le tout représentant le Soleil et les planètes du système solaire. Un grand cercle composé de panneaux solaires emmagasinant l’énergie le jour afin de la restituer la nuit sous la forme de dessins colorés. Notre guide conclut sa visite par une jolie phrase : "Ainsi, Zadar peut être considérée comme la ville où le soleil ne se couche jamais"...

L'agence Thellier Voyages nous a réservé un repas sur la terrasse d'un restaurant.

Nous reprenons la route en début d'après-midi pour rejoindre la réserve ornithologique du lac Vransko, une dépression karstique de 30km2, remplie d’eau légèrement salée. Plus de 260 espèces d'oiseaux y séjournent de façon permanente ou temporaire. Parmi elles, 102 espèces y nichent, 87 y passent l'hiver, et durant les périodes de migration, plus d'un million d'oiseaux migrateurs font halte au lac de Vrana.

Réserve ornithologique du lac Vransko

Nous cheminons sur le parcours d’observation aménagé avec des passerelles en bois dans les roselières sur 600m environ au départ du bâtiment d’accueil : (43°55’59.5’’ Nord – 15°30’41.7’’ Est).

Parcours d'observation de la réserve ornithologique du lac VranskoParcours d'observation de la réserve ornithologique du lac Vransko

Nous observons des goélands, des foulques macroule, des hérons pourpres, des aigrettes garzette, des vanneaux huppés, des cormorans pygmée, des canards colvert et des chevaliers aboyeurs.

Lac VranskoLac VranskoLac Vransko

Chevalier aboyeurAigrette garzetteVanneau huppé

Nous repérons également une espèce que nous n'avions jamais rencontrée : la marouette ponctuée. Elle avance dans les vasières en hochant la tête d'avant en arrière et en pointant la queue vers le haut.

Marouette ponctuéeMarouette ponctuée

Pour 16H30, nous sommes au camping de Betina, où une fois encore, il n'est pas très simple de se garer...

Camping de BetinaBetina

Il faut souligner qu'après le briefing quotidien, il y avait une sangria pour l'apéro, mais que Sylvie avait pris la peine d'en préparer une sans alcool pour ceux qui n'en consomment pas (et qui sont relativement nombreux). Cette sangria non alcoolisée était particulièrement bonne, merci Sylvie pour cette gentille attention !

Lundi 15 septembre 2025

Il est 8H00 lorsque nous quittons le camping à pied, pour rejoindre la marina de Betina qui se trouve à 3.200km.

Les habitants de Betina ont la réputation d’être d’excellents constructeurs de bateaux en bois, depuis plus de trois siècles. C'est justement sur un de ces bateaux que nous embarquons à 9H00, pour aller découvrir l'archipel des Kornati qui est également un Parc National. Il est composé de 150 îles qui s'agglomèrent sur 320km2, une densité exceptionnelle, la plus forte de la Méditerranée.

Nous naviguons entre les îlots désertiques, parfois plantés d'oliviers ou de vignes, ou même des vergers de figuiers, généralement délimités par des murs de pierres sèches. Une petite collation nous est servie à bord, avec du jambon et du fromage, accompagnés d'olives et de cornichons.

Après une heure de navigation, nous avons la chance d'observer un groupe de dauphins qui semblent nous faire un véritable spectacle...

Dauphin

La navigation se poursuit sous un beau soleil, en nous faufilant entre les îles, et les nombreux voiliers qui naviguent pratiquement tous, voiles repliées...

Nous accostons à Uvala Mir, ce qui signifie littéralement « la baie de la paix » en croate... En fait, cette baie fait partie du parc naturel de Telašćica. Le site est non seulement réputé pour sa beauté spectaculaire, mais aussi pour être le plus grand et le le plus sûr port naturel de l’Adriatique.

Accostage Uvala MirUvala MirUvala Mir

Notre guide Marina, qui nous avait fait visiter Zadar, est également du voyage. Elle nous emmène par un sentier aménagé avec quelques marches d'escalier, voir les falaises qui s’élèvent à 161 mètres au-dessus de la mer.

Falaises Uvala MirFalaises Uvala Mir

Nous allons ensuite voir le lac salé de "Mir" qui signifie "paix" en croate. Ce lac de 900m de long pour 300m de large a une profondeur de 6m. Il communique avec la mer par des canaux souterrains, et à l'extrémité Sud-est du lac, lorsqu'il y a des tempêtes, la mer peut déborder jusque dans le lac. Les variations de température du lac sont très importantes  : jusqu'à 33° en été, et 5° en hiver. De ce fait, le lac est plus chaud que la mer en été et plus froid en hiver en raison de sa faible profondeur. Sa salinité est supérieure à celle de la mer.

Lac salé de Mir

Nous mangeons sur le bateau et revenons à Betina vers 16H30. Il ne nous reste plus qu'à parcourir à nouveau les 3,200km qui nous séparent du camping.

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