Lobuche - Kala Patthar - Lobuche

Dimanche 6 novembre 2011 - Dénivelé ascendant 650m - Dénivelé descendant 650m - Distance 11,800km

Carte Lobuche - Kala Patthar

Debout à 3H45, nous prenons le petit déjeuner à 4H00, et pour 4H30, nous quittons Lobuche à la lueur de nos frontales. An Ten Di, notre sirdar est passé devant pour donner le rythme, mais au bout d'une dizaine de minutes, nous lui expliquons que c'est encore un peu rapide pour nous... Il reçoit le message 5/5, et les deux premiers kilomètres que nous parcourons en remontant la rive droite du glacier du Khumbu se passent sans difficulté. Au-delà, il nous faut franchir une moraine déstructurée, et l'itinéraire sollicite un peu plus nos organismes jusqu'à ce que nous franchissions le Lobuche Pass à 5110m d'altitude.

La fatigue (liée à l'altitude) commence à se faire sentir, mais c'est d'ici que nous découvrons la silhouette du Kala Patthar qui se détache au premier-plan du Pumo Ri (7165m), en face de nous au Nord. Le Kala Patthar porte particulièrement bien son nom, car il signifie: "Le tertre aux rochers noirs"...

Le but n'est plus très loin, ce qui nous donne suffisamment de courage pour lancer nos dernières forces dans la bataille... Il nous faut encore traverser les moraines glaciaires accidentées qui se trouvent à la jonction des glaciers Changri Shar et Changri Nup sur notre gauche, avec le glacier du Khumbu sur notre droite.

Nous découvrons la silhouette du Kala Patthar qui se détache au premier-plan du Pumo Ri

La descente sur Gorak Shep n'est pas confortable, mais nous y sommes pour 7H10. Nous apprécions particulièrement aujourd'hui, et à cette altitude, de prendre un thé chaud à l'abri.

Arrivée sur Gorak Shep.Le Pumo Ri avec la silhouette du Kala Patthar au premier plan.

Gorak ShepGorak Shep et le Kala Patthar (le sentier est bien visible...)

7H40 C'est reparti en direction du Kala Patthar. Nous commençons par traverser un plateau sablonneux avant d'attaquer la montée sur un bon sentier. Le souffle est court, nos chaussures n'ont jamais été aussi lourdes, mais nous gérons bien la situation en adoptant un rythme,  certes très lent, mais surtout très régulier. En face de nous, le Pumo Ri est splendide, et nous commençons à découvrir progressivement l'Everest sur notre droite. Le Nuptse (7864m) qui est plus proche de nous nous semble plus élevé que l'Everest, mais ce n'est qu'un effet de perspective. Derrière nous, l'Ama Dablam, domine la mer de nuages.

Départ de gorak Shep en direction du sommet.Le chemin est bien tracé.

Derrière nous, l'Ama Dablam, domine la mer de nuages.Le sommet du Kala Patthar se rapproche...

Le Nuptse qui est plus proche, semble être plus haut que l'Everest...L'EverestL'Everest.

Il est 10H05 lorsque nous atteignons avec une émotion profonde, le sommet du Kala Patthar à 5550m d'altitude. Nous sommes très heureux de concrétiser ainsi, ensemble, ce projet d'ascension qui nous tenait à cœur, mais nous pensons très fort à ceux qui auraient tant aimé partager ce moment avec nous... Encore une fois, Serge et Nadette nous accompagnent, mais Christiane a pensé à Brosine durant toute la fin du parcours. Brosine, une grande amie de Bessans (en Haute-Maurienne), nous disait toujours dans les dernières minutes de ses ascensions "je n'y arriverai jamais!"... C'est certainement un peu elle, qui a aidé Christiane à concrétiser ce rêve...

Christiane au sommet du Kala PattharChristiane et Jean Paul au sommet du Kala Patthar, avec l'Everest et le Nuptse en arrière-plan.Jean Paul au sommet du Kala Patthar.

Après avoir fait quelques photos au sommet, nous descendons un peu pour savourer un peu plus au calme (car nous sommes bien une cinquantaine au sommet), ces moments inoubliables. La vue sur l'Everest est maintenant parfaitement dégagée, et nous voyons très nettement le col Sud, où les expéditions établissent leur dernier camp d'altitude avant l'assaut final vers le sommet. Le camp de base, ou du moins les camps (ancien et nouveau), sont en face de nous, environ 200m plus bas. Nous avons une superbe vue sur le glacier du Khumbu qui se fracture à la base, au moment où il tourne à 90° sur la gauche. C'est là que les séracs sont très difficiles à franchir pour les expéditions, et où se sont hélas déroulés de nombreux drames lorsque les alpinistes franchissent les crevasses sur des échelles...

L'Everest et le Nuptse

Pendant la descente sur Gorak Shep, nous avons le plaisir de voir de superbes oiseaux, très peu farouches, qui picorent à proximité du chemin. Ce sont des Tétraogalles de l'Himalaya (Tetraogallus himalayensis). Leur plumage qui va du blanc au gris en passant par le roux, est magnifique. Leur corps est trapu, et leurs pattes de couleur rouge, dépourvues de plumes. Dans le cas du mâle, la présence d'un éperon à l'arrière de la patte indique qu'ils fait partie de la famille des phasianidés, c'est à dire la famille des faisans.

Tétraogalle de l'Himalaya

De retour à Gorak Shep, nous avons le plaisir de déguster une excellente soupe à l'ail, rallongée avec des spaghettis, censée être un excellent remède pour le mal des montagnes. Nous ne saurons jamais si c'est grâce à la soupe à l'ail, mais nous avons été totalement épargnés par le mal des montagnes.

Le départ de Gorak Shep est un peu difficile, car le terrain pour remonter au Lobuche Pass est un peu difficile, sans oublier que nous cheminons toujours au-dessus des 5000m d'altitude. La descente sur Lobuche est un peu longue, et il nous faudra une bonne heure à l'arrivée pour nous remettre de nos efforts.

A savoir cependant que nous n'avons absolument aucune courbature. Ceci me parait venir du fait que le facteur limitant est le manque d'oxygène, ce qui nous empêche de solliciter véritablement les muscles...

En soirée, notre guide Mingma nous offre un Ricard pour arroser le sommet.

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