Vendredi 16 avril 2004

 Une pluie diluvienne s'abat sur Cadaquès... Nous avons quand même le courage de sortir pour visiter un peu la cité... Les vagues passent sur la route... La rivière qui passe devant le casino est en crue...

Nous montons à l'église Santa Maria pour voir l'autel baroque construit entre 1725 et 1732 par les sculpteurs catalans de Vic et Girona: Jacint Morató et Pau Costa. La Vierge de l'espérance est représentée enceinte, alors que Jésus est symbolisé par un soleil en or massif sur son ventre. C'est la patronne de Cadaquès... et des sages-femmes. Nous y trouvons entre-autres: Sainte Rita (patronne des vœux impossibles), et Sainte Barbara (toute puissante sur le tonnerre et les tempêtes maritimes). Trois cent soixante cinq saints y figuraient, avant que trois d'entre eux ne soient volés... ce qui a pour conséquence que nous devons observer ce chef-d'œuvre au travers d'une paroi de verre...

L'église de Cadaquès.

En 1200, le Conte d'Ampurias, impuissant à gouverner un village aussi isolé, lui avait octroyé une administration indépendante. 

Pour la même raison, Cadaquès s'était converti, au XIXème siècle, en un village de pêcheurs et de marins qui alternaient la pêche et la navigation commerciale, avec l'agriculture qui produisait essentiellement du vin et de l'huile, exportés, par mer, par ces mêmes marins, en Italie et en Amérique Latine. 

A cette époque, de nombreux habitants de Cadaquès, connaissaient beaucoup mieux les pays d'Outremer que, par exemple, Figueras, éloigné, seulement, de 33 km..., sans parler de tous ceux qui partaient faire fortune dans ces pays lointains et revenaient enrichis au village natal. 

Il existe, sur toute la montagne qui entoure Cadaquès, des murets de pierre qui servaient, autrefois, à soutenir la terre des vignobles existants qui périrent du phylloxera et furent remplacés par des oliveraies, elles-même détruites par les fortes gelées de 1956. 

L'âge d'or de l'agriculture à Cadaquès était terminé. 

Quoi qu'il en soit, Cadaquès avait déjà commencé, au début du siècle, à accueillir ses premiers touristes, en la personne d'une famille d'artistes composée de peintres, de musiciens et d'écrivains: La famille PITXOT, qui se fit construire une énorme maison dans laquelle naquit le mouvement culturel et artistique qui devait donner à Cadaquès sa deuxième jeunesse. 

La famille PITXOT invitait, en effet, dans sa propriété de nombreux artistes, amis intimes,  espagnols et étrangers, qui s'appelaient: PICASSO, DALI, GARCIA LORCA, PAUL ELUARD, etc., et qui ont contribué à développer la réputation de Cadaquès à travers le monde. 

C'est à partir de cette époque que ce petit village catalan, l'un des berceau du surréalisme devait poursuivre sa vocation de cité d'accueil, en recevant et réunissant de nombreux artistes et intellectuels.

Nous allons ensuite visiter l'exposition "Dali intime" au musée de Cadaquès.

Franck et son "ami intime"...

L'après-midi, nous retournons à Port Lligat (sous des trombes d'eau) pour visiter la maison musée de Dali. C'est là que Salvador Dali et sa femme Gala, s'installèrent dès 1932. Ils achetèrent successivement plusieurs petites maisons de pêcheurs (très bien expliqué par des maquettes dans la salle d'attente) qu'ils rénovèrent pour en faire leur résidence principale en 1948. Dès lors, la paisible baie de Port Lligat verra défiler tout le mouvement surréaliste.

Depuis 1997, la fondation Gala Salvador Dali nous permet de visiter cette maison et son jardin planté d'olivier qui dominent la petite plage de galet. De gros œufs d'autruches d'une blancheur éclatante émergent de l'ensemble.

La maison est un assemblage de pièces étroites et lumineuses orientées vers la mer Nous visitons les espaces réservés à la vie privée, sociale et professionnelle de Gala et Salvador Dali. Chaque pièce se visite dix minutes, pas une de plus ni de moins! Les meubles et objets présents des années 60 et 70 témoignent d'une vie simple et heureuse. Le peignoir blanc encore accroché, la savonnette ouverte, une brosse à dents, une toile en ébauche dans l'atelier, tout est fait comme si le maître et sa femme devaient revenir dans l'instant. Nous visitons la bibliothèque, la chambre avec 2 lits jumeaux à baldaquins, l'atelier (où Dali peignit entre 1949 et 1970, parmi ses œuvres les plus célèbres telles que: "le christ de St Jean de la croix", "la pêche au thon", "l'apothéose du Dollars"), puis le salon ovale (avec son étonnante acoustique qui permet de chuchoter en étant entendu d'une extrémité à l'autre de la pièce), avant de terminer sous une pluie battante dans le jardin... au bord de la piscine!

Un ours nous accueille dans l'entrée...Une collection de cannes...Une niche dans le jardin.

Et le fameux fauteuil rose...

 

La journée du vendredi fut perturbée par une panne de l'autobus qui devait nous conduire à Figueras pour visiter le musée Dali, puis nous reconduire à Perpignan... Lorsque nous vîmes arriver le "carrosse", nous ne pouvions plus douter qu'il s'agissait bien d'une panne... Malgré son grand âge, il nous permit de rejoindre le "centre du monde", c'est à dire la gare de Perpignan.

 

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