Les Brenets - Le Landeron
Mercredi 3 juin 2026
La nuit et la matinée sont arrosées par une pluie persistante.
Nous mangeons de bonne heure et profitons d'une éclaircie pour grimper jusqu'à la tour Jürgensen qui domine le camping.
Cette balade de 4,300km aller-retour depuis le camping, avec 215m de dénivelé nous a permis d'avoir un beau point de vue sur le lac des Brenets et la vallée du Doubs.
La tour Jürgensen a été édifiée par Jules Urban Frédéric Jürgensen, horloger danois, établi aux Brenets, dans les années 1870. En 1993, elle a été acquise par une association qui l'a restaurée et inaugurée en septembre 1998. Cet édifice de 14 mètres de hauteur, couronné de mâchicoulis et de créneaux, est classé monument historique depuis 1996.
Une légende indique que cette tour a été bâtie afin de permettre à Jules d’apercevoir son amour platonique de l’autre côté de la frontière. D’autres considèrent qu’il s’agissait d’un hommage à son épouse ou à son fils...
Une cavité fermée par une stèle a été aménagée au pied de la façade Ouest. Cette niche renfermerait une urne en marbre dans laquelle se trouverait le cœur de Jules Frédéric Urban Jürgensen... Sur la plaque qui scelle la niche, sont inscrites les initiales « JFUJ » et l’alexandrin « On n’est jamais vaincu lorsqu’on est immortel », extrait d’un poème que le désastre de Sedan en 1870 avait inspiré à Jules Urban Frédéric Jürgensen.
De plus, nous avons eu le plaisir d'observer une flore abondante, avec en particulier quelques pieds de Platanthère à deux feuilles, et une belle station de Néottie nid d'oiseau.
17H00 Nous assistons au premier briefing suivi d'un apéritif d'accueil, avant de partager un repas (comme souvent bien trop copieux) au restaurant du camping.
Jeudi 4 juin 2026
Départ à 8H00 pour aller voir les moulins souterrains du Col des Roches. Une visite guidée est organisée spécialement pour notre groupe à 9H00, alors que l'ouverture au public ne commence qu'à 10H00. Nous avons ainsi la possibilité de parcourir ces surprenantes installations en toute tranquillité. On peut à peine imaginer dans quelles conditions ces constructions souterraines ont été aménagées il y a 400 ans. Et pourtant les moulins ainsi que la scierie actionnés par la force hydraulique ont bien été construits là, dans des grottes karstiques ainsi que des tunnels naturels et artificiels. Cette installation unique en Europe a été restaurée par des bénévoles, après avoir servi de dépotoir pour le site reconverti en abattoirs en 1898.
La descente dans la grotte par des galeries ponctuées d'escaliers métalliques ou taillés dans la roche nécessite de rester vigilant, d'autant que l'atmosphère est sombre et humide. En effet, l'éclairage est volontairement faible pour se rapprocher de l'ambiance de l'époque où les travailleurs s'éclairaient avec des lampes à huile de faînes produite par le moulin.
La visite a duré une heure environ, dans une température de 7° qui reste constante tout au long de l'année.
Le site est intéressant sans être extraordinaire. Ce qui est extraordinaire, c'est le travail que les hommes ont accompli depuis le XVIème siècle, dans des conditions particulièrement difficiles.
En 1836, lors de sa visite, le plus célèbre écrivain danois Hans Christian Andersen déclarait : « Nous nous trouvons maintenant dans un moulin à eau, un moulin souterrain. Bien au-dessous du sol mugit un torrent ; personne, là-haut, ne s’en doute ; l’eau tombe de plusieurs toises sur les roues bruissantes, qui tournent et menacent d’accrocher nos habits et de nous faire tourner avec elles. Les marches sur lesquelles nous nous trouvons, sont usées et humides ; des murs de pierre l’eau ruisselle, et, tout près, s’ouvre l’abîme ». Cette déclaration à elle seule illustre parfaitement ce que nous avons ressenti au cours de cette visite.
Nous n'avons qu'un peu plus de 5km à parcourir pour rejoindre le musée de l'horlogerie du Locle. Le musée appartient à la ville du Locle, il est classé comme bien culturel suisse d'importance nationale.
Construit à la fin du 18ème siècle, pour le compte de Samuel Dubois, maître horloger, le château des Monts qui abrite le musée de l'horlogerie, se distingue par ses proportions harmonieuses. Au cours de la visite, nous parcourons l'intérieur de ce splendide bâtiment, et découvrons une superbe exposition d'automates, de pendules et de montres d’exception. Des automates miniatures ou à chant d’oiseau permettent de mesurer l'étendue du savoir-faire des horlogers de la région. Des petites vidéos permettent d'observer en mouvement, les divers objets présentés dans les vitrines. Pendules et horloges rivalisent de beauté et ravissent les visiteurs que nous sommes.
Nous quittons le musée du Locle aux environs de midi, et nous sommes surpris de voir des élevages de biches et de cerfs élaphes au bord de la route.
Nous passons par La Chaux-de-Fonds pour prendre la direction de Neuchâtel, et nous nous arrêtons pour manger sur un parking au lieu-dit "Vue des alpes" (47°04'21'' Nord - 6°52'14'' Est à 1283m d'altitude). Compte-tenu de la météo, nous nous contentons de la "Vue des nuages"...
Il n'est que 15H00 lorsque nous arrivons dans un camping du Landeron, au Nord de Neuchâtel. Heureusement, en soirée, le briefing a lieu à l'intérieur.