Le Charmey - Château d'Oex - Interlaken
Lundi 8 juin 2026
Nous commençons la journée en partageant un petit déjeuner à l'auberge avec le groupe Thellier. Nous sommes gâtés : pain au safran avec de la confiture maison accompagnée de double crème : excellent... Idem avec un genre de confiture à la moutarde : original mais pas aussi bon... Quelques fromages à déguster, dont un petit camembert très coulant exceptionnel ! Le Vacherin quant à lui est un délice...
Nous faisons provision d'un assortiment de fromages après avoir été voir l'élevage de cochons nourris avec le petit lait et... des déchets de barres chocolatées en provenance d'un fabriquant local.
Gérard, le patron nous montre de A à Z la fabrication d'une meule de gruyère. Il n'est pas avare d'explications, et nous sentons une véritable passion dans ses gestes et dans son discours. Une jeune apprentie lui prête main forte, et semble toute aussi passionnée que lui. Ces moments marqueront particulièrement le cours de notre voyage en Suisse.
En fin de matinée, nous redescendons au village du Charmey où nous faisons une halte pour acheter du pain, et nous retournons nous installer sur la même plateforme que la veille pour manger au calme.
En début d'après-midi, nous retrouvons tout le groupe pour visiter la maison Cailler, qui fabrique le célèbre chocolat Suisse à Broc. Nous remarquons au passage le logo de Nestlé, placé relativement discrètement sur la façade...
Depuis 1898, les chocolats Cailler passent à travers toutes les étapes de production, de la torréfaction des fèves de cacao de haute qualité jusqu’à la confection des créations chocolatées. Le chocolat Cailler est toujours produit à Broc avec du lait des Alpes suisses provenant de fermes locales. Le lait condensé utilisé dans les chocolats Cailler provient de près de 1 500 vaches qui paissent dans un rayon de 30 kilomètres autour de Broc.
Conformément aux engagements de Nestlé en faveur d’un approvisionnement responsable et de la défense du bien-être animal, les 50 producteurs qui fournissent Cailler sont certifiés IP-SUISSE. IP-SUISSE fait la promotion d’une production laitière en harmonie avec la nature, avec des standards élevés de bien-être animal et une rémunération équitable des producteurs.
Concernant le cacao, celui-ci provient de sources durables et est fourni par le Nestlé Cocoa Plan, garantissant une meilleure agriculture, de meilleures vies et un meilleur cacao. Ce dernier est également certifié par Rainforest Alliance, une certification signifiant que les agriculteurs adoptent des pratiques agricoles plus durables qui protègent les forêts, améliorent leurs moyens de subsistance, promeuvent les droits de l’homme des travailleurs agricoles et les aident à atténuer et à s'adapter à la crise climatique.
Le début de notre visite se déroule par un parcours immersif dans l'histoire du chocolat en général, et de la maison Cailler en particulier.
Nous continuons en parcourant une exposition, équipés d'un audioguide qui nous donne de nombreux renseignements, souvent très intéressants. Puis, nous passons dans la salle de dégustation, où un cœur géant en chocolat intitulé «Pour l’amour du chocolat» est exposé. Créée par le sculpteur et artiste chocolatier Gerhard Petzl à l’occasion du 200ème anniversaire de la maison Cailler, cette sculpture a nécessité près de 200 kg de chocolat. Giclé, déposé goutte à goutte, découpé, modelé, moulé, tous ces procédés utilisés pour la créer sont une belle démonstration de la multiplicité des possibilités de transformation permises par les propriétés uniques du chocolat. Le cœur, qui symbolise l’amour du chocolat, accueille en son centre le bâtiment historique de la fabrique Cailler.
Nous dégustons quelques très bons chocolats avant de passer au magasin, où il n'est pas facile de retrouver les bonbons que nous venons de gouter. Par contre, nous ne sommes pas vraiment perdus lorsque nous regardons les affiches soulignant l'authenticité des "chocolats de l'atelier"... Nous nous devons cependant de faire quelques provisions pour en ramener au pays...
Il commence à tomber quelques gouttes de pluie lorsque nous arrivons au camping de Château d'Oex.
Heureusement, en soirée, nous pourrons utiliser une petite salle afin d'être abrités pendant le briefing.
Mardi 9 juin 2026
Nous quittons le camping à 8H30, et revenons sur nos pas jusqu'à La Rossinière où nous stationnons très facilement sur un petit parking gratuit : 46°28'01'' Nord - 7°05'07'' Est. Nous traversons la route principale et prenons la première petite route sur la gauche pour aller voir une centaine de mètres plus loin (46°27'57'' Nord - 7°05'04'' Est), le splendide "Chalet Balthus" (ou Grand chalet de Rossinière).
Le Grand Chalet de Rossinière a été construit entre 1752 et 1756 pour Jean David Henchoz, paysan, notaire, juge et curial qui voulait créer « une maison pour le fromage ». La cave a dicté les dimensions du chalet : elle est prévue pour 600 meules de fromage en phase d’affinage. Il dépasse tous les superlatifs : 500 m2 de surface au sol, 27 mètres de façade sur 5 étages, 20 mètres au faîte, 15 mètres de profondeur, 113 fenêtres pour 60 pièces dont 40 chambres habitables.
Nous pouvons voir les nombreuses inscriptions qui figurent sur la façade avant, comportant 2 800 caractères, composées par David Henchoz lui-même, qui y exprime ses convictions chrétiennes personnelles. Il y mêle également des phrases tirées des œuvres d'Antoinette Des Houlières, poétesse française du XVIIème siècle... C’est la plus grande maison en bois habitable de Suisse dans une région, le Pays-d’Enhaut, qui a poussé les constructions de bois à un haut niveau de raffinement.
En 1852, le chalet est transformé en hôtel et prend le nom de « Grand Chalet », fréquenté par une clientèle internationale, dont Victor Hugo ou Léon Gambetta.
En 1977, le peintre Balthus (1908-2001), Comte Balthazar Klossowski de Rola, rachète le Grand Chalet. Il y a vécu avec son épouse et sa fille, a peint et a accueilli l’Europe mondaine et artistique à Rossinière. C'est une propriété privée qui ne se visite pas, mais vaut vraiment le coup d'oeil depuis l'extérieur malgré la végétation qui limite le champ de vision des curieux que nous sommes...
Depuis 2010, la Fondation Balthus a créé la Chapelle Balthus, mini-musée et lieu de recueillement et de ressources sur le peintre Balthus. De nombreux catalogues sont disponibles à la consultation, ainsi que des films réalisés sur l'artiste, projetés dans l'édifice, grâce à un système interactif. Elle se trouve à un peu moins de 300m du chalet (46°27'59'' Nord - 7°04'52'' Est), mais nous ne la visitons pas car elle n'ouvre qu'à partir de 10H00 et jusqu'à 20H00 (entrée 3CHF).
Nous reprenons la route jusqu'à Rougemont où nous stationnons très facilement à l'entrée du village.
Nous faisons un tour à pied pour admirer les splendides chalets suisses superbement décorés avec des inscriptions évoquant leurs constructions, leurs constructeurs, mais aussi Dieu, et le thème de la mort qui revient sans cesse.
Notre attention est particulièrement attirée par un superbe grenier où les paysans des fermes éloignées y stockaient leurs réserves, mais aussi les habits et les chaussures du dimanche pour se rendre au culte, car ils venaient parfois de très loin...
Nous dénichons, dans un recoin du village, une fresque aussi discrète qu'adorable, évoquant la vie à la campagne en compagnie des animaux, et la nature avec en particulier un superbe coq de bruyère.
Nous reprenons la route vers 10H30, laissant Interlaken sur notre gauche pour passer à Lauterbrunnen où nous pouvons déjà admirer la grande cascade du Staubbach, qui semble vouloir arroser le village depuis le sommet d'une impressionnante falaise. Avec sa hauteur de 297m, c'est la plus haute chute « libre » (dont l'eau tombe sans rencontrer d'obstacle) de Suisse. Elle forme lors de sa chute un brouillard de fines gouttelettes, notamment en présence de vent, dont le Staubbach tire son nom allemand, qui signifie littéralement «ruisseau de poussière»...
Mais nous continuons encore 2,500km sur la route 222, pour rejoindre le parking des chûtes de Trümmelbach : 46°34'21'' Nord - 7°54'43'' Est. Le parking ne semble pas très grand, mais au fur et à mesure de l'arrivée des véhicules, des surfaces supplémentaires sont rendues accessibles. Cependant, il n'est pas autorisé de stationner plus de 3H00 pendant la visite des chutes. Le camping y est interdit.
Ce site exceptionnel, classé à l'UNESCO, se mérite, et il nous faudra faire une bonne demie-heure de queue pour prendre les tickets (18CHF/pers) et y accéder.
Le Trümmelbach draine les immenses parois glaciaires de l'Eiger, du Mönch et de la Jungfrau. Il transporte jusqu'à 20 000 litres par seconde et 20 000 tonnes d'alluvions par an depuis son bassin versant de 24 km2, dont la moitié est recouverte de neige et de glace. Ce sont les seules chutes d'eau glaciaires d'Europe qui se trouvent à l'intérieur de la montagne et qui sont néanmoins accessibles.
Après une première série de marches d'escalier, nous prenons un ascenseur qui nous transporte au cœur des Chutes. Le grondement est impressionnant, il nous accompagnera tout au long de la découverte des dix cascades, à l'intérieur des entrailles de la montagne... Nous devrons probablement parcourir 300 marches d'escalier au minimum, pour explorer tous les recoins de ce site hors du commun. Le parcours mesure environ 600m, mais il y a 140m de différence de niveau entre la chute la plus haute et la plus basse...
De retour au camping-car, nous poursuivons sur la route 222 jusqu'au fond de la vallée. Nous nous installons sur le parking du téléphérique de Stechelberg pour manger au calme (46°33'25'' Nord - 7°54'10'' Est).
D'ici, en seulement 4 minutes, on peut atteindre le village de Mürren avec le téléphérique le plus raide du monde. Depuis Mürren, un second téléphérique rejoint la station Birg à 2677 m d’altitude, puis un autre téléphérique permet d'atteindre le Schilthorn - Piz Gloria, à 2970 m d’altitude. De là-haut, la vue est à couper le souffle avec l'Eiger, le Mönch, la Jungfrau et plus de 200 autres sommets. On y trouve le premier restaurant panoramique à 360° du monde, le "Piz Gloria", un restaurant qui tourne une fois sur son axe en 45 minutes. Mais nous interrogeons les personnes qui descendent du téléphérique et il nous disent que le sommet est complètement pris par les nuages. La météo n'est pas optimiste pour demain non plus, ce sera donc pour une autre fois...
Nous redescendons jusqu'à Interlaken pour retrouver le groupe Thellier au camping.
Mercredi 10 juin 2026
Le temps est couvert, avec parfois quelques petites précipitations. Nous constatons même qu'il a neigé sur les sommets...
Alors que le reste du groupe part en transports en commun pour visiter les chûtes de Trümmelbach, nous allons faire un tour de vélo dans Interlaken, une ville sans aucun caractère, où nous remarquons seulement quelques palaces haut de gamme.
La soirée sera marquée par la finale de "Top-Chef", et la brillante victoire de Viviana...